Il y a dans la vie des rencontres qui pourraient sembler improbables et pourtant … Quand on dit que dans la vie il n’y a pas de hasard, j’en suis intimement convaincue.

Mon propre accident m’a permis une de ces rencontres que je voudrai partager.

Je venais d’avoir mon accident et j’avais beaucoup de mal à l’accepter à l’époque. Mon père a tenu à ce que je rencontre Chantal dont le père est un de ses amis. Chantal a elle aussi été victime d’un accident de la route quelques années plus tôt et acceptait tellement bien son handicap qu’il fallait qu’elle puisse me transmettre ce pouvoir d’acceptation.

J’accepte de la rencontrer et je dois avouer que cette rencontre a été salutaire pour la suite de mon parcours. Nous sommes devenues et restées de vraies amies.

Et puis, les coïncidences de nos parcours de vie sont très étonnantes : nous avons toutes les deux eu notre accident de voiture au mois de février, moi j’étais avec mon frère et elle avec sa sœur, nos pères s’appellent tous les deux Charles, mon père est né le 17 septembre, sa mère est née le 17 septembre, nous avons été opérées par le même chirurgien à Paris (à des années d’écart) Bref, il y a peut-être encore d’autres vraisemblances mais nous ne cherchons plus tant celles-ci sont déjà assez troublantes.

Je souhaite vous présenter Chantal qui a répondu à quelques questions suite à la sortie d’un ouvrage autobiographique qu’elle a fait paraître il y a tout juste 2 ans.

Hello Chantal,

Parle-nous un peu de toi

Je suis Chantal Saint-Olympe Laperdris, j’ai 56 ans.

C’est dans ma 19ème année, que ma vie bascule. Le 23 février 1982, je suis victime d’un accident de la voie publique, un véhicule percute le mien et je deviens paraplégique.

A 19 ans, les projets ne sont pas encore figés, mais mon plus grand souhait était alors, celui de devenir professeur d’éducation physique, car je ne concevais pas de passer une journée sans faire du sport. J’ai fais de l’athlétisme en compétition, du tennis, du judo, de la danse classique, du foot …bref, tous les sports m’intéresse, même le rugby ! La vie en a décidé autrement et il a fallu accepter et s’adapter.

Je n’ai eu aucune difficulté d’acceptation, car j’ai tout de suite compris qu’accepter permettait d’avancer, vite et bien.

Tu as fait paraître ton premier roman, de quoi parle t-il ? 

Il y a tout juste deux ans, j’ai sorti un récit autobiographique, intitulé « Et demain encore… Le soleil brillera ! »

Résumé :

23 février 1982, mardi Gras, Chantal se prépare à rentrer chez elle pour profiter du carnaval. Sur la route, un véhicule percute violemment sa voiture. Brisée en mille morceaux, laissée pour morte, elle se relève à la force de sa volonté et de l’amour des siens. Un témoignage émouvant qui vous remplira de bonheur.

Extrait :

Ce qui compte là, maintenant, ce sont les secondes, pas les mots. Sept … huit … neuf. ..

Nous approchons bien difficilement des dix minutes, mais nous y arrivons.     

– DIX ! Dix minutes ! Dix minutes !

Le cri de victoire de Maman !

L’équipe de France aurait gagné la coupe du monde de foot que la voix de ma mère aurait couvert la clameur !

Dix minutes ! Elle a gagné !

Je pleure de joie et ses larmes se mêlent aux miennes. C’est l’un des plus beaux combats de ma vie. Celui qui me permettra d’avancer, d’aller plus loin. J’ai vaincu ! Gonflée à bloc par ces petites minutes, je persiste : je reste assise douze, quinze, vingt minutes ! Il faut être raisonnable, me dit-on. Raisonnable ? Je l’ai été pendant quatre mois ! Cela suffit ! C’est mon premier jour, ce sont mes premières minutes, il paraît qu’il ne faut pas trop exagérer. Peu me chaut ! Je ne puis me résoudre à me recoucher encore. Je viens de passer quatre longs mois sur un lit, je savoure le fait de voir la vie en position assise. La vie est si belle quand on est assis ! Fini l’éternel plafond, les néons blafards, les gens à demi. Je demande à ma mère de me sortir de ma chambre.

Maman, on sort, on sort !

Tu en es sûre, Chantal ? Ce n’est pas un peu tôt ?

Il n’est jamais trop tôt pour aller voir la vie s’épanouir.

Maman, an-nou allé !

Je suis comme sur un nuage. Je ne vois pas les larmes de joie, l’expression incrédule des médecins, l’excitation des infirmiers, la curiosité des autres patients ! Tout ce que je vois, loin loin devant, c’est ma vie future, mes bonheurs certains et je compte bien croquer toutes ces belles choses, à pleines dents ! “

Comment t’est venue l’envie de l’écrire ?

Depuis de longues années je me posais la question d’écrire ou pas ce livre. Bien des personnes autour de moi m’y incitaient en me disant que mon exemple de vie et surtout d’acceptation pourrait très certainement en aider plus d’un !
J’avoue que je n’y voyais pas plus d’intérêt que cela, mais à force d’encouragements, j’ai fini par me laisser tenter. Surtout qu’avec l’âge, j’ai pensé à mes enfants et mes petits enfants, car finalement ce serait un peu de moi que je leur laisserais, mais tout ceci sans grande ambition ou projection particulière sur ce qu’il pourrait apporter au grand public.

A qui s’adresse ton roman ?

Je pense qu’il s’adresse facilement à tout le monde et notamment aux jeunes adultes et grands adolescents.

S’il devait faire passer un seul message, quel serait-il ?

Faire prendre conscience de l’importance de la vie. Chaque minute de notre existence est comptée ainsi que chacune des personnes qui nous entourent. La voiture est un engin nécessaire mais que nous devons respecter pour ne pas risquer inutilement sa vie !

Comment as-tu choisi le titre ?

J’ai mis du temps à me décider à l’écrire, mais une fois la décision prise, tout est venu presque naturellement.

Tout d’abord le titre, qui de mon point de vue a tout son sens dans la vie de tous les jours. Ne jamais baisser les bras, ne jamais désespérer, car après la pluie vient toujours le beau temps, donc « et demain encore le soleil brillera » parce qu’il brille toujours quoi qu’il arrive !

Qui t’a inspiré pour l’illustration du livre ?

Pour la couverture, je voulais quelque chose de subtile et de fort. On distingue à peine la roue d’un fauteuil roulant en fond mais en premier plan vient surgir ce masque de carnaval rouge sang, comme l’empreinte du mardi Gras, jour où ma vie bascule à tout jamais, jour de mon accident.

Que t’a apporté la rédaction de ce livre ? 

Ecrire est particulier, parce qu’il faut d’abord accepter de se livrer, de se dévoiler, de s’ouvrir… Mais quelle libération ! C’est comme se débarrasser d’un sac de 10 tonnes  que je trainais sur mon dos depuis longtemps. Ca fait un bien fou que je souhaite à tous ceux qui le peuvent. C’est un pas à franchir qui demande du temps et de l’engagement, mais quel bonheur au final.

Comment s’est passé le parcours de l’écriture à l’édition ?

Je ne remercierai jamais assez mon amie Laurette Mas-Camille qui a une plume exceptionnelle et qui m’a aidé dans ce projet incroyable. Elle m’a aidé dans l’écrit, les corrections et plus encore dans toutes les démarches pour l’impression, la déclaration, puisqu’elle est elle-même écrivain donc avertie à tous ces processus. Cela m’a permis de ne pas galérer avec toutes les procédures de ce monde qui m’était totalement inconnu.

Comment assures-tu la promotion du livre ?  

Bien sûr dans la promotion et la diffusion Laurette a également été présente pour m’accompagner et me donner les clés du succès que j’ai pu connaître. Et puis, les réseaux sociaux de nos jours sont des supports hyper importants pour faire passer toutes sortes de messages et j’en ai usé sans modération pour mon livre.

Où peut-on se le procurer ?

Il existe une page Facebook : “Et demain encore… le soleil brillera”, sur laquelle il est possible de commander l’ouvrage : https://www.facebook.com/Etdemainencore.LesoleilBrillera/

La commande est possible également via ce lien : http://edelsb972.wixsite.com/etdemainencore/product-page

ou encore en librairie (Librairie Antillaise).

Quels sont tes projets pour l’avenir? (d’autres livres…?)

Mon souhait maintenant est de pouvoir trouver un éditeur pour lui permettre de traverser l’atlantique, ne sait-on jamais !

J’avoue que cette expérience me donne l’envie de poursuivre dans l’écriture. Pourquoi pas un nouvel ouvrage, mais cette fois dans un tout autre domaine. C’est encore en réflexion, mais le sujet me taraude déjà… Je laisse peser le suspens ! Gageons qu’il trouvera le même accueil.

Merci beaucoup Chantal pour ce partage !